Pas de talons-aiguille pour les réfugiés

le

Semaine du mal-logement en France, film choc à la télé mercredi soir, chiffres terribles sur la pauvreté, on se recroqueville sur son canapé..  Rapport de la Croix Rouge les jours précédents qui fait réfléchir aussi.

Les réfugiés ne mettraient pas de souliers à talons-aiguille, et les rescapés de catastrophes naturelles n’auraient besoin ni de sacs à main à logo ni de vieux tapis persans… Bizarre, ainsi la mode n’intéresserait pas ces pauvres gens privés de tout ? Ils auraient d’autres préoccupations ? Beaumarchais disait Je m’empresse d’en rire de peur d’avoir à en pleurer ». On plaisante mais l’affaire résonne plus gravement qu’il n’y parait. La Croix Rouge (Australienne cette fois) chargée de récolter et redistribuer les donc destinés aux populations dans le besoin publie en effet un rapport et lance un avis de remise à niveau : à chaque appel au secours, lors de chaque évènement mondial, les dons arrivent sur place par cargaisons entières et souvent sans avoir été triés auparavant par les associations humanitaires. Manque de place, coût dément de logistique, perte de temps, produits périmés et jetés, les professionnels découvrent alors dans le feu de l’action tout ce que chacun d’entre nous a cru bon d’envoyer directement… Bien évidemment le geste est charitable et plein de bonnes intentions mais que peut faire un habitant des pays chauds de moonboots ou de doudounes, un réfugié du Nord d’une paire de talons-aiguille (oui il parait qu’on en trouve des tas), des camps d’hommes de vêtements d’enfants, les cantines provisoires de conserves périmées ? Alors il faut surtout ne pas renoncer à donner mais comprendre que l’autre n’a pas forcément besoin de ce dont nous-même ne voulons plus. Pourquoi alors ne pas vendre nos vieux talons, nos beaux blousons ou nos anciens outils sur les sites pro, les vide-dressing ou dans les vide-greniers et profiter de ce petit pécule bien gagné pour faire un don qui sera bien utilisé… Pas toujours le temps ni l’envie direz-vous, alors il reste les associations de quartier souvent désireuses d’aider localement les personnes dans le besoin et qui récoltent ponctuellement, les Emmaüs, les Eglises qui redistribuent ou revendent au profit d’actions ciblées, mais aussi, souvent, ces personnes nécessiteuses qu’on croise si souvent devant chez soi et à qui il manque justement cette doudoune ou ces souliers qu’on ne peut plus voir en peinture… Peut-être bien que cette dame là elle en voudra de mes talons et que ce sera, pour elle et surtout pour moi, une toute petite joie. C’est si facile parfois.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*