Les 150 milliards d’euros de la Mode

On nous dit si souvent « ah tu t’intéresses à la mode, bon pourquoi pas mais c’est bien futile ma pauvre… des chiffons et des excentriques qui présentent des choses importables… des gens bizarres dans ce milieu… t’as pas envie de faire autre chose?… payer un sac un smic t’as pas honte…. du rose au printemps, bah rien de nouveau…. encore un concept-store, toujours les mêmes… » tandis que eux travaillent dans l’automobile, sont ingénieurs ou vendent des chaudières, sont cadres sup chez Natixis ou employés de banque ultra-stressés… des métiers utiles donc.

Sauf que, en pleine Fashion Week, voilà les chiffres issus d’une immense étude* transversale sur l’industrie de la mode et son économie, présentée par la Fédération de la Couture et la Fédération du Prêt-à-Porter,  et ils sont édifiants : le chiffre d’affaires annuel de la mode est de 150 milliards d’euros, soit davantage que l’aéronautique (102 milliards d’euros) et que l’Automobile (39 milliards d’euros).  La mode représente ainsi 1,7 % du PIB national, contre 0,5% pour l’aéronautique et 0,7% pour l’automobile. Si on considère les activités annexes liées à la mode (communication, logistique, services) on arrive même à 2,7% du PIB avec 67 milliards d’euros de valeur ajoutée. La filière Mode française c’est aussi bien le luxe que le bas de gamme, les immenses entreprises et les toutes petites structures, une immense diversité en termes de produits.

A l’étranger quand on parle de la France on parle moins d’Areva que de Chanel ou Dior, la mode pèse 33 milliards d’euros à l’exportation (contre 56 milliards pour aéronautique et 19 pour l’automobile) mais les 50 premières entreprises française de mode exportent à 80%. leur production. D’où la notoriété et le pouvoir immense de la mode française partout dans le monde, pas assez exploités par les Pouvoirs Publics selon Ralph Toledano.

L’industrie de la mode emploie aussi plus de 1 million de salariés dont 577 000 employés directement. Un des premiers secteurs d’emplois en France donc (294 000 dans les textiles/vêtements, 81 000 maroquinerie/chaussures, 44 000 optique, 30 000 horlogerie/bijouterie, 128 000 parfums/cosmétiques) . Il en faut des gens  pour concevoir, fabriquer, et vendre mon fameux sac tant reproché…

Quant à la fameuse Fashion Week, ce sont 6 évènements par an (2 de Haute-Couture, 2 de pap féminin et 2 de mode masculine) et plus de 300 défilés, 27 salons et show-rooms professionnels qui regroupent 6 fois par an plus de 14 000 exposants (dont une majorité d’étrangers) et drainent tous les acheteurs internationaux pour un CA (2015) de 10,3 milliards d’euros. On y ajoute les 1,2 milliards générés à cette occasion par les services liés annexes (hôtellerie, transports, restauration) et on comprend qu’on ne parle pas seulement d’excentriques qui parlent chiffons….

*Etude horizontale ( textile, vêtements, chaussures, maroquinerie, horlogerie, bijouterie, joaillerie, optique, parfums et cosmétiques) et verticale (de la création au commerce de détail, en passant par la fabrication)

*Conférence de Presse du 4 octobre 2016 par la Fédération Française de la Couture, du prêt-à-porter des Couturiers et des Créateurs de Mode et par la Fédération Française du Prêt-à-porter féminin (Ffpapf)/Etude réalisée par l’Institut Français de la Mode. L’étude ne prend pas en compte les revenus générés par les filiales étrangères des entreprises françaises, on peut donc penser que les chiffres sont en deçà de la réalité.

IFM 4 octobre 2016
IFM 4 octobre 2016
IFM 4 octobre 2016
IFM 4 octobre 2016
IFM 4 octobre 2016
IFM 4 octobre 2016
IFM 4 octobre 2016
IFM 4 octobre 2016
Le "DATA CENTER CHANEL" sous la coupole du Grand Palais pour la Fashion Week d'octobre 2016
Le « DATA CENTER CHANEL » sous la coupole du Grand Palais pour la Fashion Week d’octobre 2016

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